( 7 septembre, 2015 )

Rencontres 2015

XXIIIe RENCONTRES D’ARCHÉOLOGIE ET D’HISTOIRE EN PÉRIGORD

Le château, le diable et le bon dieu…

Périgueux

25, 26, 27 septembre 2015

Amphithéâtre Jean Moulin Bibliothèque municipale

Entrée gratuite

« Avec Dieu, ce qu’il y a de terrible c’est qu’on ne sait jamais si ce n’est pas un coup du diable » ! Nul doute que les châtelains de jadis auraient adhéré à cette formule édifiante de Jean Anouilh, tant l’espace du château est un terrain d’affrontement privilégié entre le Bien et le Mal depuis près de deux millénaires. Et si l’on en juge à l’attrait que suscitent, auprès des touristes, les châteaux hantés de fantômes, de dames blanches et de seigneurs meurtriers, alchimistes ou sorciers, le Diable semble avoir pris quelques longueurs d’avance… La tentation était donc grande, pour la XXIIIe édition des Rencontres d’Archéologie et d’Histoire en Périgord, de se consacrer à ce thème et de l’approfondir, à travers les travaux de nombreux spécialistes européens : archéologues, historiens de la religion, de la société nobiliaire et cléricale, de l’architecture, de l’art, de la culture, des représentations… Pratiques religieuses et relations entre châtelains et chapelains ; le château, dernier refuge d’hérétiques au Moyen Âge, centre de rayonnement de la Réforme au XVIe siècle ou du renouveau catholique au XIXe siècle ; les chapelles castrales, lieux de dévotions privées et cœurs du culte familial et lignager, ou encore champ clos de grandes exaltations mystiques, de vocations à la sainteté ou de terribles séductions du Malin. Autant de thèmes et bien d’autres, qui seront revisités dans la longue durée et dans l’espace européen.  Évangélisé au VIsiècle par Saint Front, dont la cathédrale aux coupoles est l’image emblématique de la ville de Périgueux qui accueille fidèlement nos Rencontres, marqué par la croisade contre les Cathares, déchiré par les guerres de Religion, terre  de Croquants et de Jacobins, foyer du légitimisme ou de l’anticléricalisme, le Périgord aux mille châteaux offre un terrain privilégié d’observation. Et quel château pouvait mieux se prêter à cette prise de conscience que le château de Château-l’Évêque ? Résidence d’été des évêques de Périgueux depuis le XIVe siècle, assiégé par les protestants en 1570 – l’évêque Fournier y est assassiné en 1575 –, pillé pendant la Fronde, haut lieu de la Réforme catholique avec l’ordination en ses murs du futur Saint Vincent de Paul, et avec Guillaume Le Boux, prédicateur à la cour de Louis XIV, et Machéco de Prémeaux, prélat des Lumières, il nous ouvre providentiellement ses portes pour une visite exceptionnelle. Grâces en soient rendues à ses généreux propriétaires !

 

VENDREDI 25 SEPTEMBRE
Amphithéâtre Jean Moulin Bibliothèque municipale

8h45 Accueil des participants

9h00 Ouverture du colloque par Anne-Marie Cocula, présidente des Rencontres.

Actualités de l’archéologie en Aquitaine

9h30 Christophe Sireix, Juliette Masson, Hélène Réveillas, Service d’archéologie préventive, Bordeaux-métropole, Le service d’archéologie préventive de Bordeaux Métropole : présentation et premiers résultats.

9h55 Laure Leroux, CRAHAM (CNRS/Université de Caen Basse-Normandie) La genèse du château de Biron (XI-XIIe siècles). Premières données archéologiques.

10h20 Agnès Marin, Ausonius/Université Bordeaux-Montaingne, et Xavier Pagazani, Patrimoine et inventaire d’Aquitaine, Conseil régional d’Aquitaine, Les charpentes et leurs modes de couverture en Aquitaine (XIe-XIXe siècles) : état de la question et nouvelles perspectives.

10h45 Discussion et pause.

Croire au château

11h00 Sofiane Bouhdiba, Faculté des Sciences Humaines et Sociales de Tunis, La sainte lance du château d’Antioche : retour sur une victoire mythique des Croisés.

11h25 João Vieira Caldas, Université de Lisbonne, Dévotion ou ostentation ? L’espace de culte privé, du château au manoir portugais.

11h50 Discussion suivie d’un déjeuner pour les intervenants.

Chapelles et chapelains

14h30 Marie Casset, Université Bretagne-Sud, Les chapelles dans les résidences épiscopales en Normandie au Moyen Age.

14h55 Antoine Rivault, Université de Rennes, Une microsociété cléricale : le personnel religieux du duc d’Étampes aux châteaux des Essarts et de Lamballe au XVIe siècle.

15h20 Frédéric d’Agay, docteur en histoire moderne, Chapelles et chapelains des châteaux provençaux.

15h45 Discussion et pause.

Le château en merveilles et terreur

16h15 Maer Taveira, EHESS, Château, fantômes et magie : le substrat de la spiritualité laïque médiévale.

16h40 Laurent Bolard, Université Paris IV, Raimondo di Sangro en sa chapelle: foi, raison, superstition dans la Naples du XVIIIe siècle.

17h05 Discussion.

17h30 Réunion du conseil scientifique et du conseil d’administration de l’association

 

SAMEDI 26 SEPTEMBRE
Château de Château l’Evêque
Sacré et conflits

9h45 Julien Bachelier, Centre de Recherches Historiques de l’Ouest – Rennes, Châteaux et collégiales en Haute-Bretagne (XIe-XIIIe siècles). Des crises à l’apaisement.

10h10 Thierry Issartel, docteur en histoire, Sauveterre-de-Béarn : un « incastellamento » entre puissances vicomtale et épiscopale (XIe-XVIe siècles).

10h35 Philippe Loupes, Université Bordeaux-Montaigne, Les chapelles castrales en Bordelais sous l’Ancien Régime, des espaces sacrés sous surveillance.

11h00 Discussion et pause.

Le château et l’imaginaire des ténèbres

11h30 Erik Anspach, ISCOM‑Paris, Les châteaux de Soulié : le diable et les mœurs au XIXsiècle.

11h55 Burghart Schmidt, Université Paul-Valéry Montpellier, La sorcière au château : du contexte historique à l’instrumentalisation touristique.

12h20 Discussion suivie d’un déjeuner.

14h30 Joelle Chevé, présentation de l’histoire du château, puis visite par le propriétaire, Monsieur Baysset.

Miracles au château

16h30 Nikol Dziub, Université de Haute-Alsace, Le château andalou, le maure et le chrétien.

16h55  Roger Baury, Université de Lille, La Vierge Marie à l’ombre du château : Pellevoisin, 1876.

17h20 Discussion

18h Départ du château et retour vers Périgueux.

DIMANCHE 27 SEPTEMBRE
Amphithéâtre Jean Moulin Bibliothèque municipale

Des pratiques en terres hostiles : un réduit castral ?

9h00 Laure Hennequin-Lecomte, Université de Strasbourg, La théophilanthropie de la société de la Dui au château de Vizille.

9h25 Nicolas Champ, Université Bordeaux-Montaigne, « Exilés en leur patrie » ? Châtelains et empreinte catholique en haute Saintonge au XIXe siècle.

9h50 Guillaume Poisson, Université de Lausanne, Une chapelle catholique dans un château protestant en Suisse. Le cas de Coppet.

10h15     Discussion et pause.

La chapelle castrale au XIXe siècle, usages et fonctions

10h45 Bertrand Goujon, Université de Reims Champagne-Ardenne, Le XIXsiècle : âge d’or ou chant du cygne des chapelles castrales en France ?

11h10 Claude-Isabelle Brelot, Université Lyon2, Fonctions et usages des chapelles castrales dans la noblesse provinciale (1800-1939) : dévotions privées et « trésors » patrimoniaux.

11h35 Discussion

11h50 Marc Agostino, Université Bordeaux-Montaigne, Conclusions des Rencontres

fichier pdf programme 2015

RESERVATION CONFÉRENCE VISITE

Nom :

Prénom :

Adresse :

Tél :

E-mail :

S’inscrit à l’excursion du samedi 26 septembre à Château-l’évêque (conférences, visite commentée du château, déjeuner)

Aller et retour en car à partir de Périgueux : départ à 9h, Allées de Tourny ; retour prévu vers 18h30.

Bulletin à retourner à :

Joëlle Chevé, 11 avenue de Lattre de Tassigny, 24000 Périgueux, accompagné du règlement par chèque bancaire à l’ordre des Rencontres d’archéologie et d’histoire en Périgord (30 euros par personne).

Date limite d’inscription : 15 septembre 2015

 

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Appel à communication

Rencontres d’archéologie et d’histoire en Périgord, 25, 26, 27 septembre 2015

Le château, le diable et le bon dieu…

            Chaque année depuis plus de vingt ans, l’association des Rencontres d’archéologie et d’histoire en Périgord, présidée par Anne-Marie Cocula, organise un colloque réunissant des chercheurs de tous horizons autour de la thématique de l’histoire des châteaux européens, sur la longue durée, du Xe au XXIe siècle. Proposée par notre collègue Jean-Marie Constant, la thématique retenue pour octobre 2015, Le château, le diable et le bon dieu, contient en elle-même tous les aspects propres à ces colloques : archéologie, histoire, littérature, arts mais aussi bien d’autres disciplines. Plusieurs pistes de réflexion pourront être abordées :

- Un premier axe est constitué par l’étude des lieux de culte propres aux châteaux : on désigne ainsi toutes les formes de chapelles et, plus tard, de temples, intégrées dans l’espace occupé par le château quel qu’il soit. On n’oubliera pas les mosquées existant dans certains « châteaux » d’al-Andalus dont les modes de fonctionnement peuvent offrir des éléments de comparaison avec l’Occident chrétien. Des études de cas s’imposent pour tenter de dégager une typologie dépendante de l’évolution chronologique, de la situation des lieux de culte, de leur construction, de leurs décors, de la diversité de leurs destins à travers les siècles pour aboutir, aujourd’hui, à d’autres fonctions. Au sein de monographies, de synthèses ou de comparaisons, on accordera une importance particulière aux résidences épiscopales, voire pontificales, aux demeures dévolues aux séjours de la belle saison et aux risques encourus par leurs propriétaires au temps des guerres de religion qui font d’elles des cibles difficiles à défendre, donc faciles à saccager.

- Un deuxième thème s’articule autour de la société châtelaine dans ses rapports avec l’Église établie mais aussi de la définition et de la place d’une microsociété cléricale attachée au service des habitants du château, ceci selon une évolution traversée de crises qu’il serait bon de mettre en valeur à travers des exemples européens liés à la diffusion du protestantisme et de la réforme catholique, aux mouvements révolutionnaires, au renouveau catholique du XIXe siècle, puis au déclin religieux de l’époque contemporaine. Cette longue collaboration seigneuriale et cléricale dans un cadre et sur un territoire restreints n’exclut pas les conflits multiples entre clergé et noblesse.

- Un troisième champ d’étude englobe les pratiques religieuses propres aux habitants des châteaux, qu’elles soient orthodoxes ou hétérodoxes. Ces populations ont-elles développé des formes particulières de dévotion? La religion protestante accorde une place importante au culte familial qui, dans le cadre de la demeure seigneuriale bénéficie de formes de reconnaissance dans les édits du XVIe siècle, en particulier dans l’édit de Nantes. L’archéologie permet d’identifier des objets de culte et des pratiques funéraires. Les inventaires des bibliothèques témoignent des lectures religieuses licites ou illicites des châtelains. Bien des documents attestent de formes diverses de religiosité : sorcellerie et autres pratiques magiques, possession et spiritisme, le château pouvant être le siège de manifestations paranormales, mais aussi lieu de l’exorcisme et de la répression, cadre donc de la confrontation du diable et du bon dieu envisagée dans le titre des Rencontres 2015. Finalement, les châteaux, lieux clos et protégés du dehors, ont-ils favorisé des pratiques religieuses spécifiques et exacerbé les passions parmi leurs habitants ? L’enfermement possible, qui n’est pas sans rappeler celui des cloîtres et des couvents, peut aboutir parfois aujourd’hui à des formes de retraites dans des ashrams, voire de séquestration par des sectes.

Nombreux sont donc les domaines concernés par la thématique retenue pour le colloque 2015 et qui ouvrent aux communications un champ de possible sans limites : littérature, théâtre, cinéma, musique….seront bien accueillis par les responsables de ces Rencontres. Il s’agit, en particulier, d’une lutte en champs clos entre le Bien et le Mal avec pour cadre les châteaux dans la très longue durée : toutes les implications de ce conflit majeur seront prises en considération si elles se fondent sur des lieux, sur des événements, sur des personnages ou des témoignages archéologiques en Europe.

Les propositions de communications (environ 1500 signes), accompagnées d’une brève biobibliographie de l’auteur doivent être adressées au plus tard le 15 janvier 2015 à Dominique Picco, secrétaire des Rencontres. Par voie électronique : dominique.picco@u-bordeaux-montaigne.fr

Par voie postale : Université Bordeaux-Montaigne, UFR humanités, Département histoire, Campus universitaire, 33607 Pessac cedex

 

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