( 3 octobre, 2015 )

Rencontres 2016

XXIVe RENCONTRES D’ARCHÉOLOGIE ET D’HISTOIRE EN PÉRIGORD

Jeunesses et châteaux

23, 24, 25 septembre 2016

Périgueux, Bibliothèque municipale, salle Jean Moulin

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Quel enfant n’a rêvé, à travers les contes de fées, les romans de cape et d’épée, les bandes dessinées ou les films de Walt Disney, de vivre dans un château ? Des tours qui tutoient le ciel, des souterrains obscurs où brillent des trésors, de fougueux chevaliers qui sauvent des princesses endormies, tout y parle d’aventures, de gloire, d’amour, de liberté. Mais au-delà de ce vert paradis d’images enfantines, la réalité historique est tout autre, dont ces XXIVe Rencontres se proposent de donner quelques illustrations. Dès le haut Moyen Âge, la noblesse châtelaine s’est souciée de l’éducation de ses enfants, en conformité avec leur naissance, leur sexe et leur établissement futur. Ainsi, pendant des siècles, le château a été l’espace privilégié de reproduction et d’éducation des élites nobiliaires. Bonheurs pour certains – on songe aux pages émues de Montaigne guidé par un père aimant, ou celles d’un Talleyrand et sa grand-mère au château de Chalais. Tourments pour d’autres – René de Chateaubriand au château de Combourg aussi sombre que l’humeur de son géniteur. Les situations varient selon les familles et selon les époques. Mais du gouverneur aux précepteurs, aux maîtres d’équitation et de danse, ou aux professeurs de musique et de dessin, le château est alors un espace concret de formation des futurs châtelains, envoyés ensuite dans des collèges ou des académies militaires. Les filles le quittent aussi pour le couvent ou les pensionnats religieux. Les jeunesses au château sont alors éphémères, mais les vacances, qui réunissent frères et sœurs, cousins et cousines, font oublier les contraintes scolaires. Mémoires et correspondances témoignent avec mélancolie de ces temps heureux. Après la Révolution, la noblesse du XIXe siècle se « réinvente », entre nostalgie d’Ancien Régime et nécessaire adaptation. Revenue sur ses terres, elle réaffirme, entre les vieux murs ancestraux, ses valeurs immémoriales, et nombre d’hommes et de femmes prennent la plume, telle la comtesse de Ségur, pour en assurer la transmission. Les châteaux du Périgord offrent un échantillon varié de ces situations et témoignent autant des rapports traditionnels de la jeunesse au château que de formes nouvelles d’occupation. Ainsi du château de Neuvic, édifié à la Renaissance, et qui est devenu une fondation d’insertion sociale et professionnelle pour jeunes en difficultés. Il nous ouvre ses portes pour une visite exceptionnelle…

PROGRAMME

Périgueux, Bibliothèque municipale, salle Jean Moulin, Entrée gratuite

Vendredi 23 septembre

8h45 : Accueil des participants

9h15 : Ouverture du colloque par Anne-Marie Cocula, présidente des Rencontres

Actualités de l’archéologie en Aquitaine

9h45 : Christian Gensbeitel et Laurence Dumaine-Levêque, Université Bordeaux-Montaigne, L’église de Sérignac-sur Garonne. Un édifice préroman en Agenais

10h10 : Christian Normand, Château Pignon (Pyrnées-Altantiques)

10h35 : Nadine Béague, Archéologue Inrap, Morlanne, un château en pierre avant le XIVe siècle

Transmettre, le château en guide moral

11h10 : Sylvie Moret Petrini et Maila Kocher Girinshuti, Université de Lausanne, Des hommes de mérite et une femme de jugement ; l’usage de la plume dans la transmission des valeurs au sein de la famille de Mestral

11h40 : Joëlle Chevé, revue Historia, « Nous dirons à nos filles… » ou le discours sur l’obéissance volontaire par la marquise de Pindray d’Ambelle (1868-1951)

Pause déjeuner

L’empreinte sur les mémoires

14h30 : Anne-Marie Cocula, Université Bordeaux-Montaigne, Montaigne : une enfance au château

15h00 : Milena Lenderová, Université de Pardubice, République tchèque, L´éducation dans les châteaux du « long » XIXe siècle : le témoignage des écrits du for privé

15h30 : Martine Sadion, Musée de l’Image, Épinal, Des châteaux de papier

17h00 : Réunion du conseil scientifique et du conseil d’administration de l’association.

Samedi 24 septembre Château de NEUVIC (24190)
Les âges de la jeunesse

9h30 : Jean-Paul Casse, Paléographe-héraldiste, Les âges de la jeunesse châtelaine au Moyen-Âge

10h00 : Roger Baury, Université de Lille, Chateaubriand et les autres : la jeunesse châtelaine des nobles mémorialistes nés avant la révolution

Les espaces de la jeunesse

11h00 : Nicole Pellegrin, IHMC/CNRS-ENS Paris, Des « bacheliers » au château. Retour sur l’inféodation des fêtes de jeunesse en Centre-Ouest et ailleurs sous l’Ancien Régime

11h30 : João Viera Caldas, Université de Lisbonne, Portugal, La place et l’espace de la jeunesse dans les châteaux portugais

Pause déjeuner

14h30 Visite guidée du château

16h00 : Hervé de Com, propriétaire du château de Neuvic, Le château de Neuvic et les jeunes

Enfants de France

16h30 : Juliette Glikman, SciencesPo, Paris, Jeux de princes, métier de rois. Larmes souveraines aux Tuileries

17h00 : Christophe Beyeler, Musée National du Château de Fontainebleau, Le Roi de Rome campé par les artistes : un héritier en ses palais

Dimanche 25 septembre, Périgueux, Bibliothèque municipale, salle Jean Moulin

Le château réinventé, entre liberté et clôture

9h30 : Claude-Isabelle Brelot, Université Lyon 2, Entre château et village, la jeunesse : une moment de liberté dans les rapports sociaux (XIXe siècle)

10h00 : Marie-Thérèse Périn, Inspecteur de l’Èducation nationale, Adémaï au Moyen Age, Le petit page, deux exemples issus de la littérature jeunesse des années 1950. Deux parcours de vie classique ou décalée, vécue au château ou bien dans le château fort

10h30 : Maialen Berasategui, journaliste au Magazine littéraire, Chanceux, malades ou punis ? Les jeunes tuberculeux au château.

11h00  Discussion

11h15  Conclusions, Marie-France Morel (ENS Fontenay-Saint-Cloud – Présidente de la Société d’Histoire de la Naissance).

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RESERVATION EXCURSION AU CHATEAU DE NEUVIC

Nom :

Prénom :

Adresse :

Tél :

E-mail :

S’inscrit à l’excursion du samedi 24 septembre 2016 au château de Neuvic (conférences, visite du château et déjeuner).

Aller et retour en car à partir de Périgueux : départ à 8h30, allée de Tourny ; retour prévu vers 18h30.

Bulletin à retourner à Joëlle Chevé, 11 avenue de Lattre de Tassigny, 24000 Périgueux, accompagné du règlement par chèque bancaire à l’ordre des Rencontres d’archéologie et d’histoire en Périgord (32 euros par personne).

Date limite d’inscription : 15 septembre 2016

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Appel à communication

            Le thème retenu pour les XXIVe Rencontres d’archéologie et d’histoire en Périgord peut, au premier abord, embarrasser historiens et archéologues tant le terme « jeunesse » semble anachronique sur la longue durée. À partir de sources et de documents de différentes natures, il est donc indispensable, d’amorcer la réflexion depuis les termes, différents selon les époques, employés pour désigner les jeunes occupants des châteaux mais aussi de chercher à cerner les caractéristiques de ces groupes avec un maximum de précision. Il y va par exemple des critères démographiques mais aussi de la distinction fondamentale entre filles et garçons dont, à toutes les époques, le statut, les fonctions, les activités, les rôles, les destins sont, à de rares exceptions près qui mériteraient d’être mieux mises en valeur, parfaitement dissemblables.

Le statut et les fonctions

Ceux-ci sont conférés par la naissance, le sexe, la hiérarchie des noblesses et des bourgeoisies vivant plus ou moins régulièrement au château. Ils conditionnent des inégalités et des traitements différenciés au sein des demeures châtelaines ainsi que des lieux de vie distincts. Ici prend place l’étude des logements, appartements et pièces spécialisées où évoluent ces jeunes et qui forment leur cadre de vie, tout ou partie de l’année. Ces espaces, différents selon l’âge, prennent en compte l’entrée précoce, voire très précoce à certaines époques, des jeunes dans le monde des adultes par la participation à la guerre, s’agissant des garçons, et par le mariage, s’agissant des filles. Ce premier axe invite à mener des comparaisons entre des aires géographiques différentes mais aussi à repérer continuités et ruptures sur la longue durée.

Les rôles au château

Un des axes de recherche de ce colloque se propose de situer ces catégories de jeunes dans leurs rôles auprès des adultes et d’analyser à partir d’exemples précis, pris dans l’Europe toute entière, leurs relations respectives avec leurs parents et leurs fratries en privilégiant les liens entre pères et fils, mères et filles. Au-delà, ce sont les rapports entre ces jeunes et les autres adultes vivant au château, en particulier le personnel domestique et les éducateurs qui demandent à être revisités. Enfin, les relations entre jeunes, entre filles, entre garçons, mais aussi entre les deux sexes, au sein de la famille ou de la maisonnée, constituent un autre angle d’approche : sociabilité et solidarité de jeunesses par delà les clivages sociaux existent au sein de ces microsociétés châtelaines, comme le prouvent les liens durables entre frères et sœurs de lait.

Les activités

Le château comme lieu d’éducation – au sens large du mot – des filles et des garçons constitue une des approches essentielles de ces Rencontres. Elle englobe des aspects essentiels comme l’apprentissage des armes et ses lieux appropriés, tels les écuries et les manèges dévolus à l’équitation. Autant d’espaces dédiés à la préparation des garçons à la vie militaire qui commence dès la première jeunesse. Les lieux et formes d’éducation masculine et féminine doivent être pris en compte avec leur personnel spécialisé sans oublier les livres, outils et méthodes pédagogiques propres, ou non, à un enseignement individualisé. L’étude des jeux, jouets et distractions collectives doit pouvoir être enrichie, pour les périodes anciennes, des apports de l’archéologie. Aux XIXe et XXe siècles, la dimension éducative du château ne se limite plus aux enfants de la famille au sens plus ou moins large vivant au château. En effet, pour d’autres jeunesses, le château – revisité – a pu être un lieu d’enfermement en vue d’une formation, d’une rééducation, comme le château de Jommelières en Nontronnais devenu après 1860 une colonie pénitentiaire qui n’est pas sans évoquer le Mettray de Jean Genet. D’autres châteaux accueillent des colonies de vacances destinées, par exemple, aux pupilles de la Nation après 1918. Le château a pu aussi devenir aussi un lieu d’apprentissage politique, ainsi les jeunes gaullistes, sont-ils, au début des années 1950, conviés chaque été dans un château du Limousin.

Les destins

Comment se fait l’entrée dans le monde des adultes et quel type d’existence attend ces jeunes au sortir d’une adolescence, réduite au minimum, passée au château ? On pourra tour à tour, selon les époques, évoquer les évasions temporaires hors du cadre du château familial suivies de retours saisonniers ou des éloignements lointains en raison d’impératifs familiaux ou militaires. Quant aux départs définitifs, ils résultent de séparations liées aux mariages, à l’entrée au couvent, au départ à la guerre ou encore à des revers de fortunes familiales. Enfin, pourront être mises en valeur des solitudes précoces engendrées par la disparition des parents et la mise sous tutelle de jeunes et très jeunes enfants avec toutes leurs conséquences sur les destins individuels.

L’empreinte sur les mémoires

Les traces d’une jeunesse au château figurent chez les mémorialistes, hommes et femmes, dès le Moyen-âge mais surtout à partir du XVIIe siècle. Il serait tout à fait indiqué d’utiliser ces mémoires sous un angle littéraire pour tenter de saisir les tentations d’embellissement ou de noirceur liées aux déformations des souvenirs d’enfance au château. C’est un des thèmes où les contemporanéistes pourront trouver et développer de nombreux exemples, au moins pour le XIXe siècle, chez les princes des familles royales comme chez des écrivains, des artistes ou des hommes et femmes politiques. Sans doute, s’agira-t-il plus souvent de « l’enfance » que de la jeunesse, mais on ne saurait exclure l’enfance de la jeunesse ! Se retrouve ici le problème de la définition de la jeunesse posée en préambule…

 

Les propositions de communications (environ 1500 signes), accompagnées d’une brève biobibliographie de l’auteur doivent être adressées au plus tard le 20 décembre 2015, par voie électronique, en format word à Dominique Picco, secrétaire des Rencontres. : dominique.picco@u-bordeaux-montaigne.fr, et Juliette Glikman, secrétaire adjointe, juliette.glikman@orange.fr

Par voie postale : Dominique Picco, Université Bordeaux-Montaigne, UFR humanités, Département histoire, Campus universitaire, 33607 Pessac cedex

 

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